lundi 31 mai 2010

les "paparazzis de la biodiversité"......


Vous êtes soucieux de la biodiversité ?

Si vous aimez les insectes et que vous avez un appareil photo numérique vous pouvez participer à l’opération lancée par le Muséum national d'histoire naturelle qui recherche des « paparazzis de 9 à 99 ans" pour prendre et partager des clichés d'insectes pollinisateurs et ainsi mieux comprendre leurs habitudes et les menaces qui pèsent sur eux.

Au cœur de la ville ou au milieu d'une clairière bucolique : aucune restriction pour les photographes amateurs en quête d'abeilles, bourdons, guêpes ou autres insectes.
"C'est la multiplication des situations qui permettra de comprendre ce qui détermine l'abondance et la diversité des pollinisateurs à un endroit donné", souligne le Muséum, qui espère atteindre les 100.000 clichés fin 2010.

Le principe de cet observatoire de science participative, baptisé Spipoll (Suivi photographique des insectes pollinisateurs), est simple: prendre, sur une période d'au moins 20 minutes, des clichés d'une plante et des insectes se nourrissant sur celle-ci puis les identifier, les localiser, et les mettre en ligne.


Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, a appelé de ses vœux une "généralisation" de cette science participative (des programmes existent déjà en France sur les oiseaux communs, les escargots ou encore les papillons).

La démarche est salutaire pour une meilleure connaissance de la biodiversité, a-t-elle souligné, car elle permet de fournir, dans la durée, "des observations utilisables avec un socle scientifique" mais aussi de faire appel à "la capacité d'émerveillement, d'étonnement".


Sources /MHN / MEDDMM / RH – 3B Conseils
Photo : A. Schwartz/MNHM

vendredi 28 mai 2010

Parc marin d'Iroise : un plan de gestion validé en septembre.


L’annonce de la création du Parc naturel marin d’Iroise avait suscité beaucoup d’interrogations et de craintes. A cette période de fortes turbulences, a succédé celle d’une relative discrétion sans doute nécessaire à un travail de fond plus serein et propice à la mise en place d’une véritable politique de gestion de cette nouvelle structure.

Pour mémoire, le parc naturel marin d'Iroise, premier du genre en France, a été officiellement créé par un décret du Premier Ministre publié au Journal Officiel du 2 octobre 2007. Sa vocation est de permettre de progresser dans la connaissance et la protection du patrimoine marin et d’encourager le développement durable des activités qui en dépendent.
Celui-ci s'étend sur une superficie de 3550 km2 et prend en compte la spécificité des trois îles habitées de l'Iroise : Ouessant, Molène et Sein (*)

Si, après deux années d’existence, plus d’une centaine de réunions de concertation avec les acteurs et décideurs locaux (plus de 200 personnes), la mise en place du Parc marin d'Iroise se traduit encore pour beaucoup d’observateurs - et plus encore le grand public -, par un sentiment de complexité, dans la réalité les choses avancent plutôt bien et concrètement.

Car la discrétion ne veut pas dire loin s’en faut, l’inertie. De fait le plan de gestion du premier parc marin français (21 agents dont 11 sur le terrain) sera présenté en septembre, et fixera les grandes orientations pour les quinze années à venir.

Pour son président Pierre Maille - président du Conseil général du Finistère - qui réunissait à Brest, ce 25 mai dernier, au côté de l’amiral Anne-François de Saint-Salvy, préfet maritime, l’ultime rencontre des membres du comité de gestion et les partenaires et intervenants extérieurs, dans la mise en œuvre future du plan de gestion, « aucune interdiction ne sera édictée » car, selon lui, le Parc n’a de sens que si il intègre tous les intervenants sur le milieu marin d'Iroise, sans ajouter d’interdictions à celles qui existent déjà.

Pour autant le Plan de gestion qui sera présenté et validé au mois de septembre prochain ne pourra être figé et restera évolutif et réactif. Ainsi, chaque année, des actions nouvelles pourront être décrétées pour un meilleur équilibre et une gestion affinée des ressources.

Un des axes essentiel pour assurer cette bonne gestion de la ressource c’est la connaissance, celle des espèces présentes sur le Parc et leur milieu.

Or, il s’est dégagé, lors de ces deux dernières années de travail, un constat largement partagé : la mer d'Iroise est un système d'une extraordinaire complexité. Thierry Canteri, directeur du Parc marin d’Iroise résume justement ce constat par « on connaît peu de choses ». Cela est vrai sur l'évolution des ressources halieutiques comme les mécanismes de reproduction ou de migration.

Le Parc a déjà mis en place des actions concernant les ormeaux de Molène ou les langoustes d’Ouessant et quelques autres espèces. Mais il reste beaucoup d’inconnues. Diverses actions d’acquisition de données sont donc mises en place actuellement comme le marquage des bars pour avoir des informations sur l’évolution du stock, des évaluations bathymétriques des champs de laminaires ou encore l’étude de l’installation d’étoiles de mer responsables de la raréfaction, en baie de Douarnenez, des coquilles Saint-Jacques et de certains poissons.

L’objectif visé par le Parc marin d’Iroise dans ces actions est de pouvoir faire une évaluation de la pression de pêche professionnelle et de loisirs. La démarche du Parc associe en amont les pêcheurs, mais ce sujet reste difficile avec la perspective de permis de pêche plaisance en France.

Article : 3B Conseils - RH
Sources : Parc Marin d’Iroise / Région Bretagne / Le Télégramme

(*) Fiche technique du Parc Marin d'Iroise 
 • 34 communes riveraines du parc dont trois sont insulaires : Ouessant, Molène et Sein.
 • 71 000 habitants
 • 320 000 hectares. 
• 300 km de côtes : de Porspoder au nord à Plouhinec au sud. La rade de Brest est exclue.
 • La pêche professionnelle en Iroise : 350 navires, 900 personnes embarquées, 2 500 emplois, plus de 12 000 tonnes de poissons, coquillages et crustacés, 40 000 tonnes
d’algues.
 • Le tourisme : un million de visiteurs par an et environ 3 500 personnes vivant de
cette activité.
 • Le nautisme : 10 000 bateaux de plaisance et 26 000 pratiquants dans les structures nautiques

jeudi 27 mai 2010

Dernier retour de la Jeanne d’Arc à Brest : quatre jours de festivités.

La « Jeanne » et Brest c’est une longue et belle histoire commune qui prendra dans quelques jours. Un chapitre glorieux qui se clôt avec un brin de nostalgie pour les anciens mais aussi l’occasion pour les plus jeunes de découvrir le navire-école de la Marine nationale, pendant qu’il est encore temps.

Quarante-six années de bons et loyaux services, puisqu’elle est entrée en service en 1964, une dernière mission de représentation internationale en 18 escales, qui l’a mené notamment en Afrique, en Amérique du Sud, aux Etats-Unis, au Québec, et la Jeanne d’Arc rejoint son port d’attache brestois avant d'être désarmée, à partir du 7 juin.

La Jeanne d’Arc (*) a joué durant toutes ses année le rôle d’Ambassade de la France sur les océans mais aussi d'Ambassadrice de Brest accueillant notamment les missions économiques de Brest métropole océane dont celle du 12 au 16 avril 2010 au Québec emmenée par le président de BMO, François Cuillandre, mission organisée conjointement avec le Conseil général du Finistère et la CCI de Brest et le Technopole Brest Iroise (TBI) en association avec le Pôle Mer Bretagne.

Relire également l'article du blog du 4 mai 2010 : " Brest et le Québec renforcent leurs liens dans le domaine des sciences marines".




Le « palmarès » de la Jeanne d’Arc (R97) est impressionnant :

- 1,76 million de milles nautiques parcourus,

- 19000 marins passés à bord,

- 6.400 élèves officiers formés,

- 45 campagnes à la mer,

- 9 tours du monde complet....





Partie de Brest, le 2 décembre, le porte-hélicoptères devrait passer devant la pointe Saint-Mathieu ce jeudi 29 mai vers 13 h 15 et est annoncé à Brest vers 14 h 30.

Amarré au quai Commandant Malbert vers 15 h 00, la "Jeanne » sera alors fêtée comme il se doit, durant quatre jours de festivités au cours desquels, elle sera ouverte au grand public.
La ville de Brest et la Marine nationale, avec de nombreux partenaires, proposeront un programme de festivités de jeudi à dimanche.

Un «village Jeanne-d'Arc» comprenant de nombreux stands, un chapiteau géant, des visites du bâtiment, un défilé aérien, une soirée-débat et un feu d'artifice, des animations musicales….

Si le jeudi 27 est réservé aux familles des marins et officiers embarqués, le vendredi 28 sera celle des anciens de la Jeanne et des écoles.
Les 29 et 30 mai seront ouvertes au grand public.

Les entretiens Science et Ethique s’associent à l’hommage rendu à la Jeanne d’Arc, en se rappelant qu’elle a accueilli à son bord les intervenants et invités des entretiens.

(*) La Jeanne d'Arc mesure 181,38 m de long, 24 m de large et 52 m de haut. Sa masse évolue entre 10 575 t et 13 270 t selon son chargement. Quatre chaudières multitubulaires de type dissymétrique fournissent en énergie le navire et ses quatre turbines. À pleine puissance le porte-hélicoptères pouvait initialement atteindre 27 nœuds (50 km/h).

Sources : Marine nationale / BMO / RH - 3B Conseils
Photos : Crédits photo : C. GLOCK/ DICOD / BMO

mercredi 26 mai 2010

La lutte contre les algues vertes en Bretagne… suite


Dans l’article du blog du 28 avril 2010, nous évoquions l’ouverture de la campagne de ramassage des algues vertes en Côtes d’Armor et les demandes pressantes des élus locaux (Plestin-les-Grèves, Trédrez-Locquémeau, Tréduder et Saint-Michel-en-Grève) de voir l’Etat s’engager résolument sur le plan financier….
l’Etat ayant reconnu sa responsabilité, ils souhaitaient qu’il assume dès lors la charge intégrale des sommes qui vont être mobilisées pour cette campagne.

En effet, l’enveloppe dévolue aux opérations de ramassage des algues vertes par l’Etat n’est que de 700 000 € pour toute la Bretagne or, le seul coût du ramassage et du transport dans la Baie de Lannion est en effet estimé à 323 000 €.
Or, au terme des conclusions du rapport de la commission interministérielle il est prévu que l’Etat n’en finance que la moitié. Cette répartition déjà jugée insuffisante aux yeux des acteurs locaux, ne pourra sans doute pas être tenue selon eux.

Mais pour l’État c’est non ! celui-ci refuse de revoir à la hausse sa participation au financement du ramassage des algues vertes sur le littoral. A ce jour 3700 tonnes ont déjà été recueillies contre 1700 tonnes sur la même période il y a un an (en mai 2009).
Les maires des quatre communes concernées qui voient ainsi leur recours gracieux rejeté, envisagent désormais la saisine du tribunal administratif pour obtenir gain de cause.

Pour les Côtes d’Armor cette gestion risque de se révéler d’autant plus problématique en termes financiers notamment que les Baies de Lancieux et de La Fresnaye font actuellement l’objet d’une observation particulière quant à la prolifération des algues vertes.

Le ramassage des algues en mer

Il convient de rappeler que les algues vertes se développent surtout entre mai et octobre, lorsque les eaux du littoral se réchauffent. Elles s'échouent sur les plages, et en se décomposant, elles peuvent émettre des gaz toxiques. Les tissus contenant du soufre dégagent ainsi de l’hydrogène sulfuré, gaz très dangereux pour la santé.
Le phénomène des "marées vertes", apparu il y a une trentaine d'années, est favorisé par les rejets de nitrates dans l'eau, dus à l'agriculture et à l'élevage intensifs, mais aussi à certaines activités urbaines et industrielles.

De fait, une réduction importante des engrais et effluents azotés épandus sur les sols permettrait de réduire les marées vertes. Une diminution des apports a été amorcée depuis 2000 mais les effets sur la prolifération des algues vertes ne sont pas encore sensibles car le temps de réaction des bassins versants peut aller de 2 à 10 ans suivant leur typologie. Les résultats des politiques engagées ne sont donc pas spectaculaires pour l’instant.

A l’issu de son déplacement en Côtes d’Armor durant l’été 2009 le Premier ministre avait donc annoncé l’expérimentation du ramassage des algues en mer, en espérant que cette mesure permettra d'éviter de telles proliférations.

Le chalutage des algues vertes en rade de Brest.

Le plan de l'État en Bretagne (article du blog du 4 février 2010)qui se décline autour de trois axes (la gestion les algues échouées, la réduction des flux de nitrate vers les côtes et l’amélioration des connaissances du phénomène) prévoit de tester le ramassage des algues vertes en mer, notamment dans l'anse du Moulin-Blanc où BMO ramasse entre 200 à 300 tonnes par an sur la plage. Selon les années, de 300 tonnes en hiver à 3.000 tonnes en été sont présentes dans les eaux du Moulin-Blanc.

Brest Métropole Océane vient de tester au cours du mois d’avril cette mesure de récupération en mer. Pour son vice-président chargé de la rade et du littoral Thierry Fayret, BMO en avait déjà l’idée depuis plusieurs années mais, «il fallait trouver les partenaires et les subventions», ce qui a pu être réalisé en lien avec l’Ifremer, le Ceva (Centre d'étude et de valorisation des algues) et le comité local des pêches.

Thierry Fayret insiste également sur la volonté du Sage de l'Elorn (Schéma d'aménagement et de gestion de l'eau) dont il assure également la vice-présidence de parvenir d’ici à 2021, à 22mg d'azote par litre contre 34 à 35. Cependant le seuil de disparition pour les algues vertes s’établit à 10mg. Il faut donc pour lui agir sur les deux tableaux de façon concomitante et continuer de « considérer la baisse des nitrates et des phosphates comme le plus important».

Pour le ramassage en rade de Brest, l’option choisie a été de chaluter les algues au moyen d’un cadre métallique et d’un filet positionnés à l’arrière d’un bateau, en effectuant des traits au fond. Puis de les emmener dans le chenal de l'Élorn où, larguées à plus de vingt mètres de fond, et sans luminosité, elles devraient péricliter.

Les tests du mois d’avril effectués avec deux bateaux sur quatre jours ont permis de « récolter » 100 tonnes. Reste cependant à valider le fait que ces les algues plongées au fond, dans le chenal, finissent bien par se décomposer et ne sont pas déplacées par les flux.

Affaire à suivre…..


Sources : BMO / Télégramme / RH - 3B Conseils

mardi 25 mai 2010

Nantes Métropole lance un « Atelier Climat »





Des études réalisées pour le compte de Nantes Métropole ont montré que sur son territoire, la communauté urbaine ne maîtrise que 6 % des émissions de gaz à effet de serre, les 94 % restant étant imputables aux particuliers et aux entreprises.

Fort de ce constat, et sous l’impulsion de son vice-président Ronan Dantec par ailleurs porte-parole des réseaux mondiaux de collectivités locales dans les négociations internationales sur le climat, Nantes Métropole s’est lancée dans une initiative originale «  l’Atelier Climat ».

Après une enquête d’opinion (*) auprès d’un échantillon de 2503 personnes représentative de la population de l’agglomération nantaise sur le réchauffement climatique, 150 ménages vont être sélectionnés pour participer à cet Atelier qui s’inscrit dans le cadre du Plan Climat initié par Nantes Métropole en 2007. Il représenteront toutes les catégories d’ages et toutes les couches sociales.
L’objectif est d’appréhender avec les citoyens leur perception du changement climatique, détecter outre les habitudes, les gestes déjà accomplis et ceux qu’ils sont prêts à accomplir.

Chacun de ces volontaires va se voir remettre à partir du lancement de l’opération en juin 2010, un carnet de bord afin d’y transcrire son expérience, ses perceptions et participera à trois séances collectives et quatre ateliers thématiques, huit enquêtes qualitatives et un bilan carbone effectué par l’Ademe.

Pour Nantes Métropole ce sera aussi l’occasion de vérifier que ses politiques publiques comme celles d’autres collectivités ou de l’Etat sont cohérentes entre elles et répondent aux attentes des habitants de l’agglomération.



(*) l’enquête d’opinion sur l‘agglomération nantaise a été réalisée par TMO Région (8 au 19 mars 2010).
Il en ressort  que :
- 39 % des Nantais interrogés estiment que pour lutter contre le changement climatique il faut « forcer les nations à être plus contraignantes vis-à-vis des particuliers et des entreprises » ;
- 59 % considèrent que le réchauffement climatique est principalement le fait des activités humaines ;
- 63 % des sondés sont » assez préoccupés par les conséquences du réchauffement climatique » ;
- 15 % son «  très préoccupés »



Pour aller plus loin et pour redécouvrir les enjeux du changement climatique et la contribution des énergies de la mer, comme une des solutions pour limiter les gaz à effet de serre, retrouver les débats des entretiens Science et Ethique 2009 " l'heure bleue : le changement climatique et les énergies de la mer".

En Octobre 2009 les entretiens Science et Ethique à la veille de la Conférence des Nations-Unies sur le climat à Copenhague ont souhaitent démontrer l’intérêt des énergies renouvelables de la mer, les enjeux dans le cadre du développement de l’aménagement du littoral européen, l’impact sur la biodiversité et les acteurs du monde de la mer.


Sources : Nantes Métropole / RH – 3B Conseils
Photos Ville de Nantes

vendredi 21 mai 2010

Conseils de lecture et de visites pour le week-end

"Jack Kerouac, Breton d’Amérique" d’Hervé Quéméner et Patricia Dagier (éditions Le Télégramme)

Jack Kerouac, icône de la beat generation, est mort en 1969 âgé de quarante-sept ans laissant une œuvre littéraire qui fait de lui un des auteurs américains les plus importants du XXe siècle.
 
Cependant jusqu'à l'âge de six ans, sa langue maternelle fut le français et son père lui répétait "Ti-Jean n'oublie jamais que tu es breton". Fort de cette tradition familiale, l'écrivain a multiplié les initiatives afin d'identifier son ancêtre français, émigré de Bretagne en Amérique du Nord au XVIIIe siècle.

La mission était difficile tant ce dernier avait semé son parcours de fausses pistes. Si Jack Kerouac s'est rapproché au plus près de la solution, il n'aurait pu la trouver sans la clé de l'énigme, celle de la véritable identité de l'ancêtre.

Les auteurs du livre, Patricia Dagier (*) , généalogiste, a traqué le moindre indice dans les archives en France et au Québec tandis qu'Hervé Quéméner (**) a suivi la quête bretonne de l'écrivain à travers sa vie et son œuvre.
 
Cette enquête minutieuse, écrite à quatre mains, a pour résultat d'établir de façon formelle la filiation bretonne de Jack Kerouac, d'apporter un éclairage original à la personnalité de l'écrivain et surtout de révéler des similitudes étonnantes entre la destinée de l'aventurier breton émigré en Amérique et celle de son lointain descendant.


(*)Patricia Dagier est généalogiste. En 1999, après trois années de recherches intensives, elle a démasqué l'ancêtre breton de Jack Kerouac. Soucieuse de vérité historique, elle poursuit depuis dix ans ses investigations dans les archives bretonnes, françaises et canadiennes.

(**)Hervé Quéméner est journaliste. Rédacteur au quotidien Le Télégramme depuis 1972 puis rédacteur en chef de Bretagne Magazine de 1998 à 2006, il se consacre aujourd'hui à l'écriture.




"Seule la mer s’en souviendra" d’Isabelle Autissier (éditions Grasset 2009) Roman

En 1969, Peter March, bon marin, père de famille, amateur de défis, se lance dans l’aventure : participer à la première course en solitaire, autour du monde et sans escale.

Pas seulement pour y inscrire le nom de Sailahead, le trimaran révolutionnaire que cet électronicien fantasque a construit de ses mains, mais pour revenir en pleine gloire et s’inventer un destin. « Ici, je suis libre, personne pour me contrarier, pour exiger quoi que ce soit. C’est comme si je n’existais plus puisque personne ne se soucie de moi. »

De déception en accident, seul face à la mer, sans autre repère qu’une conscience de plus en plus chancelante, Peter March fabrique le plus fascinant des mensonges jamais commis sur un voilier : il invente sa position. Le roman d’un tricheur ?

S’inspirant de son expérience de navigatrice en solitaire autant que d’un célèbre fait divers, Isabelle Autissier raconte avec fascination l’affrontement entre un homme et l’océan, entre la raison et la folie.

Isabelle Autissier qui vient de se voir décerner le Prix Eric Tabarly du meilleur livre de mer , attribué par l’association des anciens élèves de l’Ecole Navale, lequel lui sera remis officiellement le 25 juin 2010. Pour ce même roman elle a reçu également le Prix Henri-Queffélec 2009.

Isabelle Autissier est ingénieur agronome de formation (spécialisation en halieutique) et navigatrice et auteure de plusieurs ouvrages. Elle consacre également une très large part de ses activités à la protection et la sensibilisation à l’environnement et au développement durable. En décembre 2009, elle est élue présidente de la branche française du World Wide Fund for Nature (WWF France).

Elle a également été présidente des entretiens Sciences et Ethique jeunes en 2007.

Retrouver les interventions d'Isabelle Autissier pour les entretiens Science et Ethique juniors (interviews réalisées par les web trotters de Brest, partenaires des entretiens).



Exposition et visite du Conservatoire national botanique de Brest

Au Pavillon d’accueil du Conservatoire, sont présentés les enjeux bretons de la biodiversité mais aussi une évocation sensible du patrimoine naturel régional au travers de photos et de peintures. Au travers de l’exposition «  La Biodiversité en Bretagne ».



Cette manifestation s’inscrit dans le cadre de Brest Capitale maritime de la biodiversité 2010.

Par ailleurs le public peut également découvrir les serres du Conservatoire : évocations de 4 milieux exotiques reconstitués de façon spectaculaire.
95% des espèces présentées dans les serres sont des plantes, originaires des DOM-TOM et des îles du monde entier, menacées de disparition.



La Fête de la nature à Morlaix



A occasion de la fête de la nature la Ville de Morlaix et la SEPNB-Bretagne Vivante proposent diverses animations ce week-end pour découvrir les enjeux de la biodiversité.




Deux conférences :

- vendredi 21 mai « Vous avez dit…. Biodiversité ? » par Gilles Bœuf, président du Muséum national d’Histoire naturelle (CCI de Morlaix - 20h00)
- samedi 22 mai « Activités de pleine nature et oiseaux marins » par Nicolas Le Corre, Docteur en géographie au Laboratoire Geomer de l’IUEM Brest (Salle Ange de Guernisac – 17h00)

Des animations le samedi 22 mai :
- les sternes de Dougall
- de bois en surprise
- la mare, ça me botte,
- rencontre autour d’un caillou
- le printemps est arrivé
- venelle et bocage


Tout le programme ICI.

Sources : RH - 3B Conseils

jeudi 20 mai 2010

Plateau des Capucins : le quartier métropolitain du futur



Durant de nombreuses décennies, les activités maritimes liées au secteur de la Défense ont été le moteur incontournable de l'économie et de l'emploi sur l’agglomération brestoise.

La restructuration des industries de la Défense nationale engagée dans les années 1980, a conduit les acteurs brestois à faire face à de profondes mutations.

Au-delà de cette nécessaire adaptation du bassin d’emploi brestois et de son tissu industriel aux réalités économiques et géostratégiques, ce nouveau défi posé à Brest et à ses acteurs politiques et économiques est devenu une réelle opportunité : celle d'une redéfinition globale de stratégie pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux.



Lieu emblématique de l'activité industrielle militaire et navale, l’espace Penfeld à Brest constitue un site exceptionnel. De vastes espaces militaires y ont été transférés à la collectivité depuis 2005.

Depuis 2002, la « Mission Penfeld », placée sous la co-présidence du Président de Brest métropole océane, François Cuillandre et du Préfet du Finistère, Pascal Mailhos a défini trois secteurs distincts et complémentaires devant être réaménagés :
- le Port du Château, le port d'escale et de plaisance en eau profonde de 13 hectares,
- les Capucins, site de 16 hectares en centre-ville appelé à devenir à moyen terme, un nouveau quartier métropolitain,
- le Salou (Nord Penfeld), 43 hectares appelé à devenir à long terme une zone économique à dominante maritime.

Lire l'intervention de Michel Morvan de BMO sur "la reconversion d'un ville portuaire " lors de la conférence de Défense et Environnement du 10 juillet 2007.

Le Port du Château a été la première opération réalisée et livrée le 2 mars 2009 (voir article du blog du 17 avril 2009) avec ses 650 mètres de digue de protection et 750 nouvelles places pour les bateaux, pour un coût de l’ordre de 27 millions d’euros.

Désormais près les opérations de dépollution du site par la Marine nationale, la collectivité engage désormais les actions en vue de l’aménagement du Plateau des Capucins, une opération que doit s’étaler sur une période de dix années.

Ce secteur de la ville situé sur la rive droite de la Penfeld et jouxtant le quartier de Recouvrance, est appelé à devenir à la fois la vitrine de la politique de Brest métropole océane en matière de développement durable et également le nouveau quartier à vocation métropolitaine et de centre ville.

Sur le plan spatial la zone à réaménager doit se diviser en deux parties distinctes :
- celle d’anciens ateliers de l’arsenal qui accueillera des activités innovantes, culturelles et économiques, - celle plus proprement du Plateau où devrait être réalisé un programme immobilier de 560 logements, un hôtel une zone commerciale et tertiaire et un parking souterrain de 700 places.

C’est ce dernier point qui fait l’objet de l’attention particulière de BMO en ce moment puisque la Communauté urbaine vient d’inviter de nombreux investisseurs potentiels nationaux et locaux à définir ensemble les perspectives, les orientations les enjeux urbanistiques, architecturaux et d’intégration du projet sous le prisme du développement durable.
Une première réunion de ce type se tiendra le 10 juin prochain et une seconde se déroulera à l’automne.

L’objectif pour cette première tranche du projet est clairement posé avec une ouverture à la commercialisation à la fin 2010 pour une livraison des premiers programmes deux ans plus tard, fin 2012. Parallèlement le chantier du tramway aura été fini et la ligne passera traversera les capucins.

Dès à présent et dans le cadre du projet de rénovation urbaine de la rive droite de Brest avec le plateau des Capucins et la liaison tramway, une Opération programmée d'amélioration de l'habitat de renouvellement urbain (Opah-Ru) va être engagée sur le parc immobilier du quartier de Recouvrance.

Cette opération vise à améliorer la qualité et le confort des logements du quartier et à traiter les situations d'habitat dégradé. La décision définitive de création de ce programme d'intervention sur l'habitat sera prise en conseil de communauté urbaine le 18 juin 2010.

Le dossier mis à disposition du public est ainsi consultable jusqu'au 5 juin prochain , à l'hôtel de communauté de Brest Métropole Océane (24, rue Coat-ar-Guéven, à Brest) ainsi qu'à la mairie du quartier des Quatre-Moulins, (200, rue Anatole-France). Contact Direction habitat de BMO, tél.02.98.33.52.64.



Sur les agendas : les 18 et 19 octobre 2010 à Brest – Océanopolis

Les entretiens Science et Ethique 2010 : « Villes maritimes et ports du futur. Quels apports des énergies de la mer pour les villes à vocation maritime ? »


"
Nous avons 10 ans pour répondre aux premiers engagements européens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Alors que de nouveaux rapports s'établissent entre l'Homme, les villes, la nature et la mer, des pays ont lancé de vastes programmes sur l'utilisation des énergies renouvelables de la mer. Les entretiens Science et Ethique ou le devoir de parole réuniront à Brest-Océanopolis des acteurs impliqués tant au niveau régional, français qu’européen pour le développement des énergies renouvelables de la mer et les acteurs du développement et de l’aménagement des villes maritimes et des ports du futur."

Sources : BMO / RH – 3B Conseils
Photo SGA/ministère de la Défense

mercredi 19 mai 2010

Parc naturel marin Normand-Breton : la voix des usagers de la mer

Nous évoquions ici dans l’article du 18 février 2010 l’engagement par l’Etat de la procédure visant à la création du futur parc marin Normand-Breton, entre le cap Fréhel et la Hague à l'horizon 2012.

Rappelons le Parc marin est un outil de gouvernance d'une zone maritime qui associe tous les acteurs locaux. Son objectif est notamment d'améliorer la connaissance de ce milieu et de préserver le patrimoine naturel, S’il englobe les dispositions issues de Natura 2000, il s’attache également au développement durable des activités humaines.

Dans la perspective de création de ce parc et en préalable aux concertations qui seront initiées avec les différents acteurs et usagers de la mer, les acteurs de la mer s’organisent comme par exemple au sein du Collectif Emeraude-Cotentin. Celui-ci qui représente plusieurs milliers d'usagers de la mer (pêcheurs à pied, plaisanciers, sportifs....) répartis entre la Bretagne et la Normandie, a tenu sa première Assemblée Générale à Saint-Malo. Voir également le site des plaisanciers du Port Dielette concerné par le parc marin.

« Emeraude-Cotentin » entend ainsi se positionner face aux pouvoirs publics dans la mise en place du futur parc marin, projet lancé dans le cadre de la protection de la biodiversité marine et publié au Journal Officiel le 6 février 2010.

Il appartient désormais à l'Agence des aires marines protégées d’engager concrètement sur le terrain ce travail de concertation avec l’ensemble des acteurs locaux concernés par le projet, sous la double autorité préfectorale : préfet maritime de la Manche et de la Mer du Nord et préfet de la Manche.

L'enquête publique, qui devrait débuter en 2012, sera articulée autour de trois axes :
- le périmètre retenu ;
- le patrimoine naturel et les activités socio-économiques ;
- la composition du conseil de gestion du parc..


Les parcs marins en France

Le premier parc naturel marin a été créé le 28 septembre 2007 en mer d’Iroise - Parc naturel marin d'Iroise - dans le département du Finistère, sur une surface de 3500 km2.

Le second a été créé le 18 janvier 2010 (décret n° 2010-71 du 18 janvier 2010) Parc naturel marin à Mayotte. Il s’agit du premier parc naturel marin d'outre-mer, couvrant une superficie de 70 000 km2. Celui-ci englobe notamment le lagon à double barrière de corail, qui compte près de 200 km de récifs coralliens et 7 km2 de mangrove.

D’autres projet sont à l’étude comme en Gironde et en mer du Nord. Ces autres projets seront définis en fonction des analyses stratégiques régionales qui déclinent, pour certains secteurs, la stratégie de création d’aires marines protégées. La procédure d’étude et de création est confiée au préfet maritime et au préfet concernés, l’Agence des aires marines protégées mettant à leur disposition les moyens nécessaires.

L’objectif (mentionné par le plan d’action mer de la stratégie nationale pour la biodiversité et par l’engagement n°87 du Grenelle de l’environnement) est la création d’une dizaine de parcs naturels marins d’ici à 2012, dont deux dans les départements d’outre-mer.
Les propositions émises lors du Grenelle de la mer confortent également cet objectif.




Retrouver également les entretiens Science et Ethique 2008 et l'intervention du président des Aires marines protégées M. Jérome Bignon.

"Croissance bleue ? Patrimoine maritime, ressources et économies du littoral. Recherche, nouvelles compétences et nouveaux métiers de la mer".



sources: MEEDDM / Emeraude-Cotentin / RH – 3B Conseils

mardi 18 mai 2010

Une grande Fête de la Bretagne, autour de la Saint-Yves

Alors que les Irlandais fête chaque année l’Irlande à la Saint-Patrick, il n’y avait jusqu’à présent aucune date pour célébrer la Bretagne. Après un premier tour de piste en 2009, la Région Bretagne se mobilise de nouveau, jusqu’au 23 mai au tour de la Saint-Yves (*)

Dans toute la Région et dans le monde

Si les fans de Bretagne estimeront qu’entre festivals, fêtes maritimes et festoù-noz, c’est déjà la fête toute l’année en Bretagne, la Région entend montrer cette belle énergie et concentrer, sur un temps donné -autour de la Saint-Yves, fêtée le 19 mai-, le meilleur de la Bretagne.

Rendez-vous est donc pris « intra-muros », de Brest à Rennes, en passant par Nantes, le littoral, Pontivy et les Marches de Bretagne, mais aussi à Paris, où vivent plus d’un million de Bretons, et dans le monde, à New York, Tokyo, Ho Chi Minh ou Buenos Aires. Autant de villes capitales où les Bretons aiment à se retrouver et à partager leur culture.
350 événements ouverts à tous, portés par une centaine d’acteurs

Comme en 2009, la Région accompagne l’organisation de 350 manifestations permettant à tous les publics d’appréhender la culture bretonne, sous toutes ses formes, des plus traditionnelles aux plus contemporaines : concerts, expositions, randonnées, festoù-noz, spectacles de rue, marchés ou fêtes champêtres.

La découverte des paysages, du patrimoine, de la gastronomie figure aussi au programme. Portés principalement par des acteurs associatifs, parfois aussi par des collectivités, ces événements bénéficient du soutien de la Région.

Donner du sens à la fête

L’idée d’inscrire ce rendez-vous dans la durée repose sur la volonté de la Région de promouvoir, de manière conviviale, une Bretagne plurielle, ouverte au monde et aux autres et d’animer les territoires, de créer du lien entre générations : « C’est cet attachement viscéral à notre identité qui pousse les Bretons à aller de l’avant, ensemble, à innover, aussi bien dans l’art contemporain et les musiques actuelles que dans les technologies numériques ou l’économie sociale », assure Jean-Yves Le Drian, le président de la région.

La Bretagne à Paris

A Paris cette fête de la Saint Yves a toujours existé, religieuse d’abord, laïque ensuite. Tombée en désuétude, elle a repris force et vigueur depuis quatre années sous l’impulsion de deux associations Paris Breton et la Mission Bretonne, qui avec le soutien d’une large partie des quelque cent associations bretonnes d’Ile de France, organisaient une journée de fête dans le XIVème arrondissement.

Cette année ce sont deux mairies d’arrondissements le XVème puis le XIVème, qui accueillent la Fête de la Bretagne à Paris , ainsi que la Maison de la Bretagne à Montparnasse.

Ce 18 mai à la Maison de la Bretagne à 19 h soirée autour de "Jack Kerouac, Breton d’Amérique" c’est le magnétisme de la Bretagne qui caractérise cette soirée pourquoi Jack Kerouac se lança-t-il dans la recherche de ses origines ?

La soirée se déroulera avec une conférence débat d’Hervé Quemener et Patricia Dagier les auteurs du livre "Jack Kerouac, Breton d’Amérique" paru aux éditions Le Télégramme, une exposition réalisée par les élèves de l’INSA de Rennes pour le premier festival Jack Kerouac qui s’est déroulé à Lanmeur (29) en avril et les musiciens de Kroazhent interpréteront des extraits de leur dernier album War Hent (sur la route), le tout sera accompagné de dégustation de produits bretons.



Retrouver tous les rendez-vous en Bretagne, en France et dans le monde sur le site www.fetedelabretagne.com


(*) A la Saint-Yves
Natif du Trégor, Yves Hélory de Kermartin incarne, au XIIIème siècle, une sorte d’Abbé Pierre des temps anciens. Avocat des plus pauvres, en tant que magistrat et prêtre, il plaide sans relâche au nom de la justice, de l’équité et de la solidarité, principes dans lesquels les Bretons et les juristes se reconnaissent encore aujourd’hui.

La fête de la Bretagne, organisée autour de la Saint-Yves, le 19 mai, privilégie ces mêmes valeurs au sein des projets culturels et participatifs qu’elle fédère.

Sources : Région Bretagne / RH - 3B Conseils

lundi 17 mai 2010

"Peut-on penser hexagonal pour la gestion de la fin de vie des systèmes d'armes et des matériels militaires ? "

A la place des industries de défense dans notre économie comme dans la tradition séculaire de la Bretagne est venu s’agréger, depuis quelques années, une problématique nouvelle, qui si elle intéresse directement notre région en dépasse largement les frontières : celle de la fin de vie des navires militaires, mais au-delà de l’ensemble des systèmes d'armes et des matériels militaires.

Cette question désormais présente dans le public après les pérégrinations de la coque Q790 (ex-Clémenceau), fait déjà l’objet de réflexions et d’actions très précises tant d’associations et d’élus, que des autorités politiques et militaires.

Ainsi, le cycle de conférences « Défense et Environnement, une nouvelle manière de penser » porte notamment cette réflexion au niveau européen de l’impact des activités militaires sur l’environnement en tant de paix, guerre et post-conflit.

« Défense et Environnement » permet depuis quatre ans de croiser les expériences, les avancées technologiques, scientifiques, environnementales et bien sûr juridiques et politiques sur ces questions.

Des sujets qui sont également abordés quotidiennement dans le blog de veille internationale Défense et Environnement.

Dès lors il nous est apparu intéressant de signaler l'éditorial de Brigitte Bornemann (fondatrice et déléguée générale du cycle de conférences Défense et Environnement) et Xavier Lebacq (consultant et ancien ingénieur général de l’armement) paru sur le portail du site de Prorecyclage :

"Peut-on penser hexagonal pour la gestion de la fin de vie des systèmes d'armes et des matériels militaires ? "



Nous reproduisons ci-dessous cet éditorial :




"Le recyclage des produits issus du démantèlement des installations et matériels ainsi que le traitement des déchets résiduels sont des secteurs industriels en pleine croissance à l’échelle mondiale. Ils s’inscrivent directement dans le développement durable de nos sociétés. Des règlementations de plus en plus strictes ont vu le jour aux niveaux international, européen et national. 



Pour les industries de défense et le ministère de la défense, l’éco-conception et la gestion de la fin de vie des systèmes d’armes et des matériels sont désormais considérées comme incontournables.



Quelles sont les contraintes réglementaires ?



Un véritable « arsenal » de réglementations encadre désormais le monde des déchets et des activités de recyclage et il s’applique d’une façon ou d’une autre au monde de la défense, sans jeu de mots ! 



La convention de Bâle régente les transferts transfrontaliers des déchets et son "Ban amendment", transcrit dans la réglementation européenne exclut toute exportation de déchet dangereux hors OCDE. Les directives sur installations classées pour la protection de l'environnement (IPCE), sur l’eau et sur l’air sont maintenant reprises dans le code de l’environnement, qui s’applique pleinement au plan national aux activités de démantèlement.



S'y ajoutent la convention de Rotterdam qui impose l’information sur les produits dangereux dans toute exportation, la réglementation européenne REACH qui va imposer la traçabilité de tous les produits et le bannissement dans l’UE de ceux qui sont dangereux et la convention de Hong-Kong qui va imposer un démantèlement des navires civils protégeant les travailleurs et l’environnement ; cette convention entrera en vigueur dans les prochaines années. Ajoutons à la liste la convention sur la prévention de la pollution des mers résultant de l'immersion de déchets, dite convention de Londres, qui interdit toute immersion de déchets..



D’autres réglementations spécifiquement militaires émergent, telle que la convention sur l’interdiction et la destruction des armes à sous-munitions qui conduit à un vaste programme de démantèlement de munitions dans le monde.



Quelle est la situation actuelle en France ?



Plus de 200 000 tonnes de matériels militaires français sont aujourd’hui stockées en attente de démantèlement dans nos bases. Le nouveau format des armées va porter le tonnage total à plus de 350 000 tonnes dans les dix ans à venir. Cela pourrait engendrer la création ex nihilo en France d’environ 200 emplois, voire moins car il convient de tenir compte de la concurrence européenne et des industries déjà existantes pour traiter les démantèlements de matériels civils et militaires en Europe. 



Un tel tonnage reste faible à l’échelle des millions de tonnes du monde civil et doit être certes sérieusement relativisé en termes de perspectives industrielles et d’emplois. Les coûts dépendront de nombreux critères tels que le degré de pollution, la complexité des systèmes, le cours des métaux, la localisation des démantèlements et les coûts de main d’œuvre …



Les munitions, avec leurs risques pyrotechniques de vieillissement, de démantèlement et leurs contraintes de stockage, ont été plus régulièrement éliminées. Bien que l'on puisse optimiser leur recyclage à parfois plus de 95% de la matière, leur démantèlement conduira toujours à une dépense de plusieurs millions d’euros. En effet, la nature et les contraintes pyrotechniques des installations de démantèlement ont un coût significatif par rapport aux revenus du recyclage. 



Des crédits avaient déjà été prévus par la DGA pour le démantèlement de missiles nucléaires, la « dénucléarisation » de nos sous-marins à propulsion nucléaire (enlèvement du combustible nucléaire et traitement différé de la tranche réacteur), la destruction des munitions chimiques de la première guerre mondiale (opération SECOIA), ainsi que le démantèlement de certaines installations industrielles. A ces crédits, il a été ajouté plus de 100 millions d’Euros sur les 6 ans à venir pour les opérations de démantèlements de munitions conventionnelles, navires, matériels terrestres, aéronefs et équipements électroniques. 



Le démantèlement des 22000 roquettes sous-munitions antipersonnel du système d’armes MLRS, roquettes désormais interdites par la convention de Dublin, absorbera une partie de ces crédits et il pourrait s’étaler sur environ 8 ans. 



Le démantèlement des navires complexes, anciens et amiantés qui sont considérés comme des déchets dangereux s’est imposé dans le périmètre de l’UE ou de l’OCDE selon la nature des opérations. Il coûtera aussi quelques millions d’Euros, même si l’objectif global reste de vendre certains navires au démantèlement comme sont parvenus à le faire nos homologues britanniques avec la remontée actuelle des cours de métaux...




Va-t-on vers des filières françaises propres aux matériels militaires?



La problématique est que, face à un tissu industriel européen déjà existant, les tonnages militaires n’appelleraient pas à eux seuls a priori de politique industrielle spécifique par rapport au jeu concurrentiel européen.



Mais, dès lors que les bases navales doivent servir en priorité au soutien et au maintien en condition des navires de la marine, vers quelles installations industrielles iront nos navires à démanteler ? Si l’on n'y prend pas garde, les chantiers déjà existants en Europe, bénéficiant déjà de synergie industrielle avec le recyclage civil et de coûts horaires plus faibles qu’en France démantèleront tous nos navires de surface. 



La création de quelques dizaines d’emplois en France pour démanteler une part de nos navires pendant une dizaine d’année n’est-elle pas quand même un enjeu ? Gardons-nous d’appréciations trop rapides au seul critère de coûts directs des démantèlements en période de chômage ! Le rapport de la mission parlementaire de Monsieur Pierre Cardo apportera son éclairage sur ces questions.



Ayons aussi à l’esprit que, au delà du caractère affectif que l’on peut garder pour nos vieilles coques de surface, il est souhaitable que nos coques de sous-marins soient déconstruites en France pour des raisons certes toutes aussi affectives mais surtout au titre de la protection de notre technologie dans le domaine de la propulsion et de la dissuasion nucléaire. 



Le cas spécifique des munitions mérite aussi une analyse particulière au titre de la sécurité des munitions, leurs éléments pyrotechniques mais aussi du contenu technologique. Cela pourrait justifier une filière française judicieusement dimensionnée et capable aussi de gagner des parts de marché sur le créneau du démantèlement international : les stocks à éliminer dans certains pays ne manquent certes pas !



Quant aux aéronefs, véhicules terrestres et déchets électroniques militaires, les tonnages et technologies en jeu ne permettent raisonnablement pas d’envisager des filières spécifiques d’autant que l’avantage économique probable à les démanteler au plus près de leur site de stockage conduira naturellement à fournir de la charge, en France pendant 10 ans, pour environ une cinquantaine d’emplois. Les industries de service à l'environnement sont bien placées dans ce domaine et peuvent créer des synergies avec les démantèlements de matériels civils.



Peut-on ou doit-on mutualiser les moyens de démantèlement ou de destruction au niveau mondial ou européen ?



Chaque pays d’Europe a ses propres stocks et flux de matériels à éliminer. Chacun a sa propre organisation pour traiter la question et les priorités sont encore diversement appréciées. Des échanges d’informations ont vu le jour dans le cadre de l’OTAN. Son agence, d'entretien et d'approvisionnement la NAMSA est déjà prestataire de service pour détruire les mines terrestres anti-personnel, et démanteler des munitions conventionnelles. Elle pourrait peut-être demain proposer ses services pour mutualiser les démantèlements de navires, véhicules et aéronefs. Cette prestation de service viendrait alléger la charge des services de soutien dans la contractualisation et le suivi des opérations de démantèlement.



En guise de conclusion



Bien que les matériels militaires ne représentent pas un volume important et que leur démantèlement ne suppose pas la création de nombreux emplois ni d’avancées technologiques particulières, ces démantèlements peuvent revêtir des aspects de sensibilité particulière en période de rareté de création d’emplois et en matière de protection de notre savoir faire technologique. Ces aspects suggèrent une réflexion nuancée sur la juste part à démanteler en France."



Lire l'article du 5 avril 2010 de Défense et Environnement sur la mission parlementaire de Pierre Cardo.

Sources : BB / RH- 3B Conseils

vendredi 14 mai 2010

Projet VAMINC : des actifs marins pour apaiser l’inflammation de la peau


Le Pôle Mer Bretagne, pôle de compétitivité à vocation mondiale, vient de labelliser un nouveau projet dans le domaine des actifs marins : VAMINC.

"Développer des produits apaisants pour la peau est aujourd’hui l’un des objectifs de l’industrie cosmétique. L'enjeu est important : la moitié de la population est concernée par les problèmes de « peau sensible » et un tiers par les démangeaisons cutanées", comme l'indique les initiateurs du projet.

Ainsi, depuis quelques années la cosmétique s’intéresse beaucoup aux substances qui ont un effet sur les interactions entre la peau et le système nerveux : les neuro-cosmétiques. Les molécules d'origine marine représentent une source innovante de ces produits actifs naturels.

Le projet VAMINC vise ainsi à étudier, in vitro, les effets de ces actifs marins sur l'inflammation neurogène cutanée : élancements, sensations de brûlures, sensations de froid douloureux et picotements, grâce à un modèle de culture en laboratoire et de neurones et de cellules de l’épiderme mis au point notamment au Laboratoire de Neurobiologie Cutanée de l'Université de Bretagne Occidentale (UBO).

Les actifs marins repérés pourront être directement mis sur le marché par les sociétés productrices ou, en fonction des accords, incorporés dans différentes formulations avant commercialisation sur les marchés nationaux et internationaux.

Les partenaires du projet VAMINC :
Les entreprises :
Polaris (Pleuven), porteur du projet, expert en lipides nutritionnels, fournit des industriels en huile de très haute qualité,

Polymaris Biotechnology (Morlaix), société spécialisée dans la recherche, la caractérisation et la valorisation de biomolécules glucidiques issues de sa collection privée de microorganismes marins,

Proclaim (Rennes), société de recherche sous contrat spécialisée dans les tests d’efficacité des produits cosmétiques et de nutrition-santé,

les Laboratoires Dermatologiques d’Uriage (Courbevoie) lesquels développent et commercialisent en pharmacie et en parapharmacie, en France et à l’étranger, des produits cosmétiques pour l’hygiène et le soin de la peau, en particulier pour les peaux ayant un niveau de réactivité plus élevé que la moyenne,

Le centre de recherche :
CHU Morvan (Brest) , UBO EA 4326 Laboratoire de neurobiologie cutanée (Brest)

Sources : Pôle Mer Bretagne / RH – 3B Conseils
crédit photo Pôle Mer

mercredi 12 mai 2010

La 6ème nuit européenne des musées - 15 mai 2010

Lancé en 1999 en France à l’initiative du ministère de la culture et de la communication, le « Printemps des musées » proposait à tous les musées de France d’ouvrir gratuitement leurs portes au public un dimanche de printemps.

Depuis 2001, les musées d’Europe ont un rendez-vous privilégié tous les ans au printemps avec le public.
En effet, dès 2001, ce « Printemps des musées » s’est ouvert à tous les musées des 47 pays signataires de la convention culturelle du Conseil de L’Europe et a été placé dès lors sous le patronage du Secrétaire général du Conseil de l'Europe.

La Nuit européenne des musées s’est inscrite dans cette dynamique en invitant tous les musées d’Europe à ouvrir leurs portes simultanément pour une soirée festive au mois de mai.
Le samedi le plus proche du 18 mai, date de la Journée internationale des musées de l’ICOM (Conseil international des musées) depuis 30 ans, a été adopté pour célébrer cette « Nuit des musées » de toute l’Europe.

L’édition 2010 de cette 6ème nuit européenne des musées qui se déroule le samedi 15 mai en France et en Europe est l'occasion de sensibiliser un large public à la richesse du patrimoine que sont les collections des musées à travers des animations originales.


Parmi l’ensemble des manifestations culturelles prévues à travers la France, les entretiens Science et Ethique et 3B Conseils vous recommandent celles organisées par ses partenaires des entretiens Sciences et Ethique et des Journées Science et Ethique découverte).


Les événements :

BREST


Musée des Beaux-Arts


- Exposition Coquillages et crustacés : visites commentées(19:00 - 22:00)
- Concert et impromptus de musique baroque (18:00 - 21:00) par Emmanuel Rousson, professeur de clavecin au conservatoire de musique, de danse et d'art dramatique de Brest métropole océane, et ses élèves.
- Défilé de mode à l'inspiration de la collection du musée (21:00 - 22:00) par des élèves du lycée professionnel Jules Lesven de Brest ayant réalisé des vêtements en lien avec des œuvres de la collection du musée.



Musée national de la Marine

- Visite libre de l'exposition permanente et de l'exposition temporaire : «Un marin, une école, Tall Ships Atlantic Challenge ». (19:00 - 23:00)
- Mise en lumière d'un modèle ou d'une œuvre avec les commentaires d'un guide et la participation des amis du Musée national de la Marine, de 19h à minuit.


CONCARNEAU




Marinarium et Musée de la pêche


3 circuits… : 20h30, 21h30, 22h30

Le Marinarium, Cap vers la nature, le Musée de la Pêche et le service du Patrimoine de la ville de Concarneau s’associent pour conduire le public sur un parcours découverte « A la pêche aux déchets pour l’océan de demain »…………

Deux animations : « Tout est bon dans le poisson ou comment valoriser les co-produits de la pêche » et « Merci les sales bêtes » par Cap vers la Nature.


PLEMEUR-BODOU

Cité des Télécoms


Visite du musée et du jardin (19:00 - 00:00)
La Cité des télécoms vous invite à un parcours insolite au coeur du monde passionnant et sans cesse en mouvement des télécommunications, avec des jeux, des animations, son Jardin des sciences pour les plus jeunes et un spectacle son et lumière sous l'immense bulle blanche du Radôme, classé monument historique.


RENNES


Espace des Sciences


Les expositions de la salle Eureka et de la salle de la Terre seront en visite libre. (20:00 - 00:00)
- Exposition les Roches armoricaines
Que nous racontent les pierres? En observant et en touchant directement les roches, venez découvrir comment elles nous racontent l'histoire géologique de notre région. Ce voyage dans le temps est emaillé d'étapes surprenantes: des volcans en activité dans la région de Saint-Brieuc, des requins nageant dans les eaux qui recouvraient Rennes... Une histoire retracée sur 6 épisodes grâce à une centaine de roches récoltées dans le Massif Armoricain, mais aussi à des multimédias, des films et un mini-simulateur de tremblement de terre qui dévoilent l'évolution des paysages depuis 650 millions d'années. 


- Meurtre à l'Espace des sciences
Un crime a été commis. Que s'est-il passé? Dans cette exposition, après avoir découvert et observé la scène de crime, le visiteur doit mener l'enquête lui-même. Pour démasquer le coupable, il devra se rendre dans huit laboratoires scientifiques pour rechercher les indices nécessaires à la conclusion de son enquête.


PARIS

Palais de la Porte dorée – Aquarium Tropical


- Visite libre de l'aquarium et de l'exposition "Dans le sillage des requins" (19:00 - 22:00)

- Présentation de planches du story-board du film "Océans". (19:00 - 21:00)
L'auteur des planches, Vincent Coperet, sera présent et commentera son travail : comment passer du rêve des réalisateurs Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, à des images concrètes qui serviront de guide aux cameramen.


Bonne nuit des Musées………

Sources : Nuit des musées / RH – 3B Conseils

mardi 11 mai 2010

« Politiques et sciences de la mer : ensemble pour une politique maritime intégrée » - La Baule 17 et 18 mai 2010



Pour faire face à la complexité des enjeux maritimes et aux carences et insuffisances de la connaissance de la mer, les utilisateurs de la recherche marine doivent pouvoir contribuer à la définition des orientations de la recherche et des diverses politiques sectorielles et thématiques qui la sous-tendent.

La nouvelle gouvernance de la recherche marine et maritime décidée dans le cadre du Grenelle de la Mer et réaffirmée dans le Livre bleu de la Stratégie Nationale pour la Mer et les Océans, doit faciliter ces interactions entre gestionnaires, usagers et scientifiques.

Le colloque « Politiques et sciences de la mer » des 17 et 18 mai à La Baule propose un débat sur ce sujet entre scientifiques et acteurs gestionnaires.
En ciblant sur des thématiques maritimes précises, il est l’occasion de mettre en avant les résultats de recherches maritimes de haut niveau et de contribuer à leur appropriation par un public intéressé.

Laissant une large place au débat, ce colloque, programmé sur trois demi-journées, sera articulé autour de quatre table-rondes successives :
- Approche écosystémique et planification stratégique des espaces maritimes
- Exploration et gestion durable des ressources marines
- Observation et surveillance des océans et des zones côtières
- De l’écologie à l’ingénierie : quelles innovations pour des activités maritimes durables ?


Ce colloque, organisé par le MEEDDM dans le cadre de son programme de recherche finalisée Liteau, s’inscrit dans le cadre de la journée européenne de la mer du 20 mai 2010.
L’Ifremer, le CRAPE/CNRS, l’ONEMA et l’Agence des aires marines protégées (AAMP) sont co-organisateurs de l’événement.

Le blog médias de veille internationale Energies de la mer, créé par 3B Conseils, sera présent lors de ces journées à La Baule. Le blog vous permet de suivre au quotidien l’actualité des énergies de la mer à travers le monde.

Voir le programme
Inscriptions : jem2010@liteau.net

Consultez également la brochure « Le Grenelle de la Mer : des engagements pour préparer l’avenir »





A inscrire sur vos agendas :
Les entretiens Science et Ethique 2010, les 18 et 19 octobre à Océanopolis – Brest, sur le thème « Villes maritimes et ports du futur. Quels apports des énergies de la mer pour les villes à vocation maritime ? »

"Nous avons 10 ans pour répondre aux 1er engagements européens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Alors que de nouveaux rapports s'établissent entre l'Homme, les villes, la nature et la mer, des pays ont lancé de vastes programmes sur l'utilisation des énergies renouvelables de la mer.
 Les entretiens Science et Ethique ou le devoir de parole souhaitent réunir des acteurs impliqués au niveau européen pour le développement des énergies renouvelables de la mer."


Sources : Liteau / CNRS / RH – 3B Conseils

lundi 10 mai 2010

Des navires de dépollution bretons sur la marée noire en Louisiane ?



Retour sur l’accident


Le 20 avril 2010, à 80 km des côtes de la Louisiane, la plateforme pétrolière exploitée par British Petroleum (BP) « Deepwater Horizon », subit une explosion majeure et prend feu. Cet accident fait 17 blessés et 11 disparus, les 115 autres personnes présentes étant évacuées par les Coast Guards américains.

Deux jours plus tard, alors que d’importants moyens de lutte antipollution sont rapidement dépêchés sur place, la plateforme sombre et les observations réalisées par les robots sous-marins téléopérés font état de ce que 159 m3 pétrole brut s’échapperaient quotidiennement du riser situé à une profondeur de 1 500 m. Quelques jours plus tard, ces estimations initiales sont révisées à la hausse. Les fuites seraient cinq fois plus importantes que prévu, avec 800 m3 de pétrole brut.

Le 23 avril, les hydrocarbures déversés forment déjà en surface une nappe de 1,6 km de large sur 8 km de long. Trente deux navires et 5 aéronefs sont mobilisés pour épandre des dispersants et mettre en œuvre des récupérateurs.

Le 25 avril , la reconnaissance aérienne révèle des irisations s’étalant désormais sur une surface de 32 km² et contenant du pétrole brut émulsifié.

Le 28 avril, des essais de brûlage in situ avec des barrages anti-feu sont réalisés puis vite interrompus par de forts vents sur la zone. Cette option présente en outre l’inconvénient de générer d’épaisses fumées très polluantes et de laisser des résidus flottants. Ce même jour, les vents rabattent les nappes vers les côtes de la Louisiane qui constituent une zone particulièrement sensible d'un point de vue écologique (*) mais aussi économique.

Le 29 avril, les premières plaques touchent des marais proches de l'embouchure du Mississippi.
Le 30 avril, après la Louisiane, c’est au tour de l’Alabama, de la Floride et du Mississippi de décréter l’état d’urgence. Parallèlement, le gouvernement fédéral des Etats-Unis déclare cette pollution "catastrophe nationale".

Le 1er mai, la superficie de la nappe est évaluée à 1 500 km2, soit la taille d'une grande agglomération comme Londres. Depuis le 2 mai, la pêche est interdite dans les eaux fédérales impactées par la pollution. BP envisage alors de contracter avec les pêcheurs pour qu'ils déploient des barrages flottants le long du littoral.
Les 5 et 6 mai, des conditions météorologiques favorables ont permis la reprise d'opération de brûlage de fragments de nappe.

En parallèle du traitement des effets, la lutte s’organise également pour enrayer la source du problème. Pendant plusieurs jours, quatre robots sous-marins ont tenté de fermer le bloc obturateur du puits qui aurait dû se déclencher automatiquement. Deux autres actions sont maintenant conduites en parallèle : couvrir le puits et le tuer.
La fabrication de deux coffrages métalliques de plus de 100 tonnes a été achevée en Louisiane, visant à être descendue jusqu’au plancher océanique de façon à « coiffer » la fuite principale située à 1 500 m de profondeur et capter vers la surface 80 % du pétrole s’échappant du gisement mais cette opération engagée semble rencontrer des difficultés opérationnelles.


Suivre les observations et mesures effectuées sur la pollution, sur les sites Air Now et pour les images satellitaires.

L’intervention de la technologie française ?

Nous évoquions dans un article de ce blog en date du 7 mai 2009 le développement par Ecocéane, société installée à Paimpol et spécialisée dans les navires de service et de dépollution, du bateau Catamar.

Des contacts sont actuellement en cours, entre Ecocéane, l’ambassade des Etats-Unis et le ministère français des Affaires étrangères et le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDM), afin de venir en aide aux Etats-unis pour contrer la marée noire. Dans cette perspective et si les accords sont conclus, neuf navires d’Ecocéane pourraient y participer.
Chez Ecocéane, on confirme les discussions en cours, les navires n’attendraient que le signal de départ pour partir en Louisiane.


(*) Plus de 600 espèces animales, en particulier le pélican brun et une tortue des mers déjà en danger, sont menacées par la nappe.
134 espèces d'oiseaux au total sont menacées, de même que 445 espèces de poissons, 45 mammifères et 32 reptiles et amphibiens -alligators, grenouilles et serpents des mers -, selon les autorités du Département de la vie sauvage et des pêches de Louisiane. Le grand dauphin, le lamantin et différentes baleines risquent aussi d'être affectés de même que les coyotes, renards et ratons laveurs dont les habitats pourraient être pollués.


Relire également l’article du 17 décembre 2009 sur le Cedre (centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux).





Rappel : après le naufrage et la marée-noire de l'Erika, les entretiens Science et Ethique 2000, ont eu pour thématique les pollutions qui affectent les écosystèmes du littoral sur le plan maritime et terrestre, sur le thème "Vagues de pollutions: impacts et prévention des pollutions marines et telluriques sur les écosystèmes marins côtiers et révision de la loi sur l'eau".

Sources : Cedre / Ecocéane / RH – 3B Conseils
photo US Coast Guards